# Chapitre 4/33

👉 Le colonel Dang Van Viet, ancien commandant vietminh du front de la RC4 entre 1947 et 1950, avec le Régiment 28 puis le Régiment 174, explique la montée en puissance du Vietminh sur la RC4, depuis ses premières embuscades jusqu’à la prise de Dong Khé en mai 1950 qui fut la première place forte française enlevée par le Viêtminh.

Dang Van Viet est né en 1920. Il est le descendant d’une grande famille de mandarins, lettrés et généraux. Son père sera ministre de Ho Chi Minh. Son père fut ministre sous trois régimes différents : Bao Daï, Tran Trong Kim et Ho Chi Minh. Il fait ses études primaires et secondaires à Hué puis étudie la médecine à la faculté de Ha Noï. Dang Van Viet abandonne ses études et rejoint la lutte armée et le Viêtminh lors de la révolution d’août 1945 lorsqu’il a 25 ans. Ses qualités innées lui permettent de devenir commandant en chef du Front de la Route Coloniale 9 (de Dong Ha à Savanaket) en 1945, puis commandant du Front RC7 (Dien Chau, Sâm Nua) en 1946.

Il est nommé commandant du front de la RC4 en 1947 et va, trois années durant, avec son régiment régional puis en 1949 avec le Régiment 174 du Cao-Bac-Lang (le régiment des provinces de Cao Bang, Bac Kan et Lang Son) mener la vie dure aux garnisons qui protègent la Route Coloniale 4 et aux convois qui l’empruntent. Il multiplie les embuscades et finit par couper la RC4 en deux, en forçant l’état-major français à suspendre les convois de ravitaillement au-delà de That Khé.

En mai 1950, Giap lui confie la première attaque d’une place forte française, celle de la citadelle de Dong Khé. Dang Van Viet place ses canons sur les hauteurs entourant la citadelle et effectue des tirs directs qui permettent de neutraliser rapidement les défenses de la citadelle puis de lancer ses fantassins à l’assaut. L’état-major Vietminh le félicitera mais lui reprochera d’avoir pris trop d’initiatives lors de cette attaque et de s’être laissé surprendre par la rapidité de la riposte française qui parachutera le 3ème BCCP et reprendra la citadelle 2 jours plus tard.

En septembre 1950, lors de l’offensive générale viêtminh sur la zone frontière, son régiment contribue à faire tomber une seconde fois la citadelle de Dong Khé puis participe à l’anéantissement des troupes françaises qui se replient vers Lang Son.

Chef de guerre redouté, respecté de son adversaire, le lieutenant-colonel Dang Van Viet est ensuite nommé commandant du Front de la RC6 en 1953 puis est muté en Chine dans une école de formation des cadres de l’infanterie de l’Armée Populaire. Lorsqu’il quitte l’armée, il devient ingénieur et se consacre à la reconstruction d’un pays dévasté par trente années de guerres.

🖌️ Dang Van Viet a combattu Le C.E.F.E.O. mais il aimait la France comme une mère, il connaissait sa langue et ses subtilités, il aimait ses personnalités, ses terroirs, ses châteaux, sa musique, sa littérature et son humanisme. Dang Van Viet a écrit plusieurs livres sur ses années de combats. Il a notamment publié chez Indo Éditions un ouvrage intitulé Souvenirs d’un colonel vietminh. Il était fier de vivre dans un pays qui avait su repousser les invasions chinoises et japonaises et se libérer des colonialistes français et américains. Dang Van Viet est décédé le 25 septembre 2021 à l’hôpital d’amitié Vietnam-Russie de Hanoi.


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